Témoignage entre Guerre et Paix
Testimòni entre Guerra et Patz
Peyrettes, Peyrots,
Fred et Marc se sont récemment vus confisqués leur cheptel de brebis, leurs chiens, leur âne et quelques poules par l'autorité de l'Etat, après constat, s'il en est, de mauvais traitement de leurs bêtes, par des institutions reconnues comme compétentes pour en juger, au lieu dit, permettez mon imagination, "Guerre et Paix", sur la Route de Moscou, à côté de la Lauze.
Guerre et Paix, en pr'amor que Marc est, par l'étymologie de son prénom, dédié à la Guerre, et Fred, puissant par la Paix.
Fred me demande d'apporter mon témoignage pour soutenir leur projet d'insertion agricole. Ne pouvant rester insensible à cette situation, je vous rapporte ce que j'ai vu et vécu par eux en ce lieu.
Je passe régulièrement à vélo sur la route qui sépare les parcelles de leur propriété.
Et peu après leur installation, j'ai été gêné par leurs chiens.
L'un d'entre eux s'y était mis, et tous les chiens avaient accouru et m'avaient encerclé, pour certains, méchamment. Je m'étais arrêté et j'avais appelé.
Marc était arrivé. Il les avait cadrés. Les chiens s'étaient calmés et j'avais pu repartir en paix, non sans avoir pu faire connaissance avec Marc.
A plusieurs reprises, j'étais repassé sur cette route avec des croquettes et une bombe pour faire fuir les chiens si jamais j'étais à nouveau "attaqué". Les chiens aboyaient souvent comme le font les gardiens que sont les Patous. Certains me coursaient sans aller plus loin.
Et parfois, ils me regardaient passé sans rien dire, et sans rien faire.
Malgré de nombreux passages, je n'avais jamais eu à me servir des croquettes et de la bombe.
Et puis l'autre jour, alors que j'avais pris un peu d'assurance, je n'ai pris ni les croquettes, ni la bombe.
Et, pas de bol, me direz vous, les chiens, en meute, s'en sont pris à moi. A l'époque, j'étais dans la peine de la perte de ma mère et de quelques soucis d'assurance vie, et, l'ont ils senti, ils s'en sont pris à moi de façon bien plus virulente que d'habitude. Ce n'étaient pas les seuls, en un autre lieu de Peyrusse Grande, j'avais quelques jours auparavant, été mordu à la cuisse par un bosseron alors que je passais à vélo.
L'un des chiens de Marc, un border colley, pourtant réputé pour être intelligent et dressable, m'a mordu aux 2 chevilles. Tous les autres chiens étaient autour et agressifs. Heureusement que Marc n'était pas très loin...Sans quoi, je me demande bien ce que je serais devenu...( Peut-être que s'il n'avait pas été là, les chiens auraient été plus calmes... J'ai constaté que souvent, les chiens se montrent agressifs en la présence de leur maître, de façon générale)
J'ai fait part à Marc de mon incompréhension. Je ne lui avais rien fait, ni à lui, ni à ses chiens.
Pourquoi tant d'agressivité?
A cette occasion, j'étais resté quand même un peu de temps avec lui et ses chiens calmés pour me familiariser avec eux et montrer aux chiens que je n'étais pas dangereux. En même temps, pour leur montrer ce que c'est qu'un vélo...
Néanmoins, j'avais été mordu 2 fois et, à mon avis, dangereusement agressé par ses chiens.
J'en étais inquiet. Autant pour moi que pour les autres éventuels cyclistes.
Entre autres, j'avais pu parler à Marc de ses ânes. Une femelle et un castré qui vivaient pacifiquement ensemble aux alentours, sans clôture. J'étais interessé car je cherchais une compagnie pour mon âne à moi qui s'était vu privé, probablement par une fouine ou une martre, de celle des poules et de "Coq 6"...
Malgré tout, j'étais un peu choqué et j'avais parlé de ces mésaventures autour de moi, sans toute fois, porter plainte formellement. Ca aura été peut-être le catalyseur de l'intervention des forces de l'"ordre"...
Autant, j'avais compris la morsure à la cuisse par l'autre chien, autant, pour les chiens de Marc, je ne comprenais pas. J'avais souvent pris avec scepticisme les dires de leur voisinage qui décrivait sa ferme et ses chiens de façon bien peu élogieuse. J'admirais en effet leur courage, leur bonne volonté, et leurs efforts d'installation.
Aussi, j'ai beaucoup réfléchis à ce problème.
Ce n'était pas un chien isolé mais bel et bien une meute...
J'avais entendu dire qu'un autre cycliste s'était fait mordre...
On m'avais recommandé de ne plus passer par chez eux...
Etait ce bien une solution?
Jusqu'au jour où j'ai compris. Marc est un homme dédié à la Guerre, non pas parce qu'il est mauvais, mais parce qu'on l'appelle Marc depuis qu'il est né.
Et sa meute, c'est son arme. On peut bien l'en priver. Il trouvera une autre arme et continuera à se vouer à la Guerre. On ne va pas le tuer quand même? En même temps, il nous emmerde avec sa guerre...
Hors, il se trouve que je suis ingénieur Arts & Métiers, qu'un ingénieur, c'est un concepteur fabriquant de machines de guerre, et que j'occupe mon temps, depuis belle lurette, à en fabriquer une contre la faim dans un Monde sans pétrole; un projet de semis-direct à traction humaine, un outil qui permet de faucher semer, amender et désherber en un passage à la force tranquille d'un pédalage.
J'avais informé le Maire que j'avais trouvé la solution sans la lui décrire.
J'allais proposer à Marc de faire la Guerre contre la faim dans le Monde en éteignant en lui la flamme impérialiste qui accompagne ses projets de "berger" "sans" terres, tout en assurant la Paix, chère à Fredéric. Tout ça, en leur mettant à disposition "mon" semoir, pour essais, du moins...
J'étais revenu leur présenter ce projet. Les chiens ne m'avaient pas mordu. Il faut dire que l'un d'entre eux restait enfermé, je crois. Entre temps, à en croire leurs dires, l'ânesse était morte, percutée par une voiture durant la nuit laissant l'âne disponible pour tenir compagnie au mien. J'avais du mal à les croire parce que je n'avais pas vu de trace de voiture ou de choc sur la route. Aucun débris, aucune trace de pneu. Mais le cadavre de l'ânesse gisant sur le bord de la route.
Marc m'avait accordé une entrevue avec son âne, dans l'éventualité d'une "adoption".
J'ai donc parlé à l'Âne:
Est-ce que tu voudrais bien venir avec moi vivre avec Pompon, mon Âne?
Et, dans son langage, il m'a dit: "Laisse moi; Ma place est ici, avec Marc et Fred, avec leurs bêtes, entre Guerre et Paix..."

La Guerre,
la Paix,
et
Le Dit Zident
Haut Hié
Le 24 mars 2026